1. Vagabonde

     

    Et voilà, je pars encore dans de nouvelles contrées à explorer. Je reste rarement au même endroit, il faut vraiment que je m'y sente comme chez moi et jusque là j'avoue que je n'ai jamais trouvé. Je suppose que si je ne crée pas moi-même cet endroit je serais éternellement insatisfaite.

     Je vous dis à bientôt sur un autre chemin ...

     

    Faith 

     

     

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  2. Sur un toit

     

    Une nuit, sur le toit d'un manoir, sur la plus haute colline, deux personnes regardent les étoiles et refont le monde. 

    C'est ma définition de l'amitié.
    Elle peut paraitre singulière, minimaliste voire impossible ou incomplète. Mais c'est cette image qui me vient toujours en tête lorsque je pense à une personne que je commence lentement à découvrir.
    Mêmes parcours foireux, mêmes déboires amoureux, même humour tranchant, ironique mais parfois très naïf, tendre, gamin.

    C'est assez drôle les erreurs de jugement que l'on peut tous faire au fil de sa vie, sur les personnes qui nous entourent, surtout les plus proches.
    J'ai rencontré une demoiselle dans une grande ville, elle m'a fait découvrir un bout de son univers et par cette expérience, qui reste du moins innoubliable même si parfois teintée d'amertume et d'un sentiment étrange de malaise, j'ai découvert le mien. Nous avons bavardé, marché, échangé ... j'ai cru naïvement à une amitié indéfectible, âme-soeur et tout le tralala d'un coeur qui s'enflamme toujours aussi vite. Peut-être que cela aurait été le cas, si je n'avais pas du partir une fois de plus. Vagabonde, c'est sûrement ce qui me correspond le mieux en ce moment. Mais la distance, comme toujours, tue ou garde.
    Et là ...


    Il y a aussi cette incroyable malchance que je traine depuis un certain temps. Les personnes qui me sont les plus chères sont très loin de moi.
    Alors, est-ce le sort qui s'acharne ? Est-ce un petit cadeau, qu'une petite fée m'a fait : "Ma mignone, maintenant il est temps de vraiment apprendre à découvrir les coeurs de ceux vers qui le tiens se tournera. Cela va être dur, plus que d'habitude, mais tu ne te trompera plus, tu gardera ainsi le meilleur d'eux, tu les gardera près de toi toute ta vie."
    Si cela est vrai, si les deux personnes qui me sont les plus proches, et paradoxalement les plus éloignées, vont rester avec moi toute ma vie, alors oui, merci ma petite fée de m'avoir permi d'apprendre autrement, par la souffrance de la distance, mais par un enrichissement inconsidérable, un point de vue tout autre, ponctué de "retour à la "normale" " lorsque nous pouvons enfin nous retrouver, nous toucher, nous voir vraiment ...

    Je reste votre princesse, toi - mon âme-coeur, magicien d'un après-midi où les cloches ont chanté ton acte, et toi - l'errant, compagnon de cape et de (futurs) quatre mille quatre cent coups ...

    Merci.

     

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  3. Peau de serpent

     

     C'est étrange, les métamorphoses qui opèrent en nous.
    Autrefois j'étais une forme indistincte, sombre et recluse. J'évitais tout ce qui pouvait nuire à ma bulle. Pourtant je n'en avais nullement conscience, je rigolais à tout va, j'étais, paradoxalement, incroyablement amicale, gaie. Mais en même temps, une ombre planait inlassablement sur mon sourire, dans mes yeux. Je pouvais rire aux éclats puis m'abandonner à la mélancolie deux minutes après.

    Etrange personnage ...
    On se cache, on s'invente des mondes, on s'invente soi-même. On se crée, se déchire, se gribouille, se froisse, se gomme, et on recommence. Jusqu'à ce que l'on décide que ce que l'on a sous les yeux n'est pas si mal que ça.
    Je me suis souvent demandée quels chemins tortilleux j'ai pris tout au long de ces années pour arriver à ce résultat. Je me remémore la petite fille que j'étais, puis l'adolescente, la jeune femme ... parfois ça fait mal, lorsque l'on sait que l'on a perdu une occasion pour toujours de faire quelque chose. C'est du passé, c'est fini, c'est ailleurs. Et cet ailleurs, jamais plus je ne le vivrai, jamais plus je ne pourrai me remémorer exactement les parfums, les sentiments, les sensations. Elles viendront me taquiner quelques fois, et lorsque je croirai enfin les tenir, elle s'échapperont aussi vite qu'elles sont venues, glissantes, malicieuses, perverses.

    Je me demande si ces chemins menaient tous au même but, si je les ais suivis en sachant où ils me conduiraient finalement, ou si j'en ai pris plusieurs, au hasard de mes humeurs, pour arriver sur celui-ci.
    Sur celui-ci justement j'y suis bien, je n'ai pas peur de rencontrer le gros chat aux rayures et au sourire carnassier, m'épiant sur une branche, apparaissant et disparaissant comme un fantôme. M'embrouillant l'esprit de pensées sordides, embrumées, qui m'égareraient à nouveau.
    Ce bon gros chat est derrière moi à trainer la patte et à suer tandis que je marche d'un pas léger et régulier.
    Sur le chemin, il ne trouvera que ma dernière peau de serpent ...

     

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